HELAS02

14 août 2007

Le principe

Deux auteurs, une histoire. Luciole écrit les parties en italique, Okita les autres.
Chaque semaine l'intrigue se développe et vous en savez un peu plus. Une série à suspense !
SURTOUT, n'HESITEZ PAS à nous laisser des COMMENTAIRES !! Ca fait toujours plaisir !

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15 août 2007

Elle marche et ses talons claquent

   Elle marche et ses talons claquent sur les dalles des trottoirs du centre ville. Elle marche vite. Elle  porte un tailleur rose et des lunettes de soleil. A sa main droite, un attaché-case dans lequel se trouve le dossier.

 

     Un passage piéton, le feu est rouge, elle s'arrête juste au bord du trottoir, les pieds joints , les épaules et le dos bien droits, prête à repartir dès que le feu repassera au vert. Et soudain, un grand coup dans son épaule droite, par derrière. Propulsée brusquement en avant, l'attaché-case arraché de sa main, elle est à genoux sur le passage. Lunettes de soleil de guingois sur son nez, cheveux dans les yeux, elle entrevoit son voleur. Se met debout, saisit ses talons aiguilles dans ses mains et court, court pieds nus, son grand corps athlétique harmonieux dans la course. Elle regagne du terrain. Se croyait malin, ce petit con-là, avec son survêt et ses baskets, gilet avec capuche rabattue sur la tête, il croyait qu'il pouvait la distancer ! Elle est derrière lui, il doit sentir son souffle dans sa nuque...héhéhé. D'un geste ample de son bras droit, elle lui assène un coup de chaussure talon aiguille taille 40 sur la tempe.

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Il s'effondre sur le sol

Il s'effondre sur le sol. Roule plusieurs fois.

« Chaviré

Le chien aboie

Cours, cours, cours »

Sur le mur, une sorte  de poésie en graffiti. Elle ramasse la malette avec un petit sourire en coin. Réajuste ses vêtements et s'en va.

Au lieu de regarder le mur, elle aurait dû prêter attention à l'expression de l'homme allongé sur le sol.

Sa démarche victorieuse au loin dans l'horizon s'efface doucement. Il se relève. Mission réussie : il glisse le dossier dans sa poche. Elle continue de s'en aller avec la valise vide.

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Du revers de la main, il s'époussète les genoux

Du revers de la main, il s'époussète les genoux et les épaules. Puis il se remet à courir, les foulées longues et souples, et se fond dans les petites ruelles tortueuses de la ville. Pas la peine de s'attarder, les gens sont restés bouche bée et immobiles un instant, inutile d'attendre que l'un d'eux prenne une initiative déplorable pour lui. Il s'engouffre sous le porche d'une grande maison ancienne. Digicode : 479A, deuxième étage, porte gauche, clef à crans de sécurité, double tour. Aaah...tranquille, une petite douche ? Mais d'abord, gestes automatiques, sort le dossier de sa poche, lisse les pages, ouvre un tiroir de son bureau, actionne le mécanisme et glisse la liasse de feuilles et la glisse dans le compartiment secret. Enfin la douche ! La salle de bain est grande, lumineuse, le voleur se déshabille. Notre jeune athlète en tailleur rose aurait eu une sacrée surprise : sous le survêtement, pas un petit jeune, mais un homme la quarantaine, quelques cheveux gris dans la tignasse brune, des petite pattes d'oie au coin des yeux verts. Un sourire flotte sur ses lèvres, à l'idée de la tête que tirera miss musclor quand elle se rendra compte qu'elle a été bernée, et en beauté. Un nuage de buée s'élève, les vitres de la douche deviennent complètement opaques à mesure que la lassitude quitte ses membres.

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«Nous y voilà.»

Il sort de la douche.

Le miroir est couvert de buée. Quelque chose de marqué.

Regard vide. Serviette blanche autour de la taille. Il prend le mince paquet de feuille si convoité, ouvre la fenêtre. Balcon et vent. Les cheveux encore mouillés. Le jette et cinq ou six feuilles s'envolent. Il rentre. Un bidon d'essence en bas du lit. Le vide sur lui. Les allumettes de l'hôtel...

 

C'était le septième jour de l'année 1861. Quelque part dans l'océan. Un bateau. Une dizaine d'hommes. Près d'une plage. Sur une barque, les hommes rament. Le premier à poser le pied par terre, un grand barbu, avec les cheveux noirs, musclé, ne porte rien sur le haut du corps. Des gros pectoraux.

«Nous y voilà.»

Un plus fin, bien habillé, en noir avec des lunettes rondes lui répond :

- Effectivement Lucius. Le prix en vies et en années a été bien lourd. Maintenant, il ne dépend plus que de nous de parvenir ou non à atteindre notre but. Nous sommes à deux doigts de changer le cours de l'histoire. A deux doigts...»

Le groupe avance sur la plage, le sable est chaud. Lucius ne porte pas de chaussures. 

«Néanmoins, reprend l'homme avec les lunettes rondes, nous devons pour y parvenir nous débarrasser de tout ce qui nous retient.... Lucius...»

Et l'espèce de grosse brute à barbe de sortir un pistolet de sa ceinture et de tirer sur l'un des hommes du groupe. Le silence et un petit nuage de fumée planent.

 

Au dessus de la ville. Comme un écran empêchant de voir le ciel, la pollution. L'officier Kinegan, du haut de la tour de police du secteur B2 «Kingstone» regarde les voitures passer. Un accident toutes les vingt minutes... A chaque carrefour il se passe quelque chose lui avait-on dit, il suffit de rester quelques minutes et on voyait toutes sortes de choses. Combien en voyait-il depuis son point de vue?

Le crime ne cessait de croître ces derniers temps. Les différents groupes armés menaçaient chaque jour un peu plus l'équilibre instable de la cité Etat.

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KABOUM

KABOUM. Puisqu'on en parlait ! Ca n'avait pas tardé. L'aéroscooter rouge, venant de la gauche, venait de se jeter à pleine vitesse sur la voiture verte juste en face de lui. Pas un hasard. Une horde d'individus, le visage couvert d'un maquillage représentant une tête de mort noire sur fond rouge, armés jusqu'aux dents (peintes en noir elles aussi). Des véhicules arrêtés derrières les restes des deux épaves en feu sortent en hâte. Des hommes en habits noirs, avec deux rayures violettes sur les manches. L'un d'eux sort une grenade, la lance.

En un instant à peine.

L'officier Kinegan se ressaisit très vite. Montena vs Gretch, ça va vraiment péter. « Officier Kinegan, secteur B2, affrontement armé entre M et G. Environ cent hommes dans chaque camps, demande intervention de l'A.C.E  (Armée de la Cité Etat), niveau 4 et alerte bleue sur tout le secteur B.»

Niveau 4. Elle a bien fait. Ne pas lésiner pour être bien sûre de faire de cette intervention une réussite. Après la gaffe de l'attaché-case vide, ça la rentrerait de nouveau dans les petits papiers de ses supérieurs.

Pieds joints, le dos et les épaules bien droits, l'officier Kinegan esquisse déjà un petit sourire de triomphe.

 

« Lucius est vraiment une force de la nature. »

Andreas remonte ses lunettes qui ne cessent de glisser sur son nez couvert de sueur. Devant lui, le colosse à barbe noire abat les branches à grands coups de machette. Ses gestes ont la régularité d'une pendule. Etonnant et presque déplacé dans cette forêt délirante, kaléidoscopique. Andreas frémit d'excitation. Plus rien ne semble se dresser en travers de leur chemin désormais.

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Tous les jours c'était la guerre

Tous les jours c'était la guerre, tous les jours les clans n'en finissaient pas de se battre, de répandre le sang de leurs «ennemis» et au milieu de tout cela, l'Armée de la Cité Etat agissait comme un tampon et se prenait tout dans la gueule.

Kinegan se rappelait de l'époque où son père lui parlait de l'Ace. Elle n'était encore qu'une enfant. En regardant par la baie vitrée avant que les volets  blindés ne l'obscursisse -une roquette est vite égarée, surtout par les Gretch- elle eut l'impression de revoir la ville de son enfance. Douce, calme. Que s'était-il donc passé ?

Pendant quelques secondes elle reste devant les verres condamnés. Devant elle, plus que son reflet. Elle ne le remarque pas. Elle est perdue dans ses pensées. Immobile jusqu'à ce qu'un sursaut témoigne de son retour.

Pas le moment de traîner la patte, en tant qu'officier elle se doit de montrer l'exemple.

Les Montena et les Gretch étaient deux clans importants. Il y avait de cela quelques jours, la grande inquisitrice, une espèce de psychopate assoiffée de sang que les Gretch ont eu la bonne idée de mettre à leur tête a coupé la tête du frère du cousin d'un Montena, ou le parrain du frère du parrain. Bref une histoire de famille et chez les Montena, aussi stupide que ça puisse paraître, on plaisante pas avec la famille. C'est la règle par excellence du clan. Depuis on s'attendait à ce que ça chauffe, à quelques échauffourées. De là à assister à une confrontation entre deux cents hommes ? Une nouvelle ère pour la Cité ? Celle du chaos ? Car jusqu'à présent, on n'avait jamais vu ça.

 

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16 août 2007

Des carcasses de métal fumantes

Des carcasses de métal fumantes, des arbres ont pris feu, gémissements ici et là, des blessés ou des mourants, des cadavres carbonisés aussi. Sirènes venant de toutes les directions, les ambulances sont là et tout ce bordel s'organise : les cadavres sont pour l'Ace, les blessés sont enfournés dans des fourgons par les ambulanciers, les nettoyeurs sont arrivés et dégagent déjà les restes de voitures... Efficace. Dans une-demie heure, il n'y paraitra plus.

Et une-demie heure après encore, qui sait ? Une simple collision ? Une agression ? Un nouvel affrontement entre clans ? Un tueur à gage remplissant son contrat ? Kinegan, debout , appuyée contre une ambulance, regard absent. Elle a réussi. Mais l'Ace seule contre une douzaine de gangs ? Il fallait faire plus que jouer les tampons. Il fallait attaquer. Mais Grollit, le président -maire de la Cité Etat, était un vendu. C'était sa conviction. La mission qu'elle avait ratée. L'ordre était venu d'en haut, du bureau de Grollit, elle n'avait plus de doute là-dessus. Mais pas un simple accord dirigeants-mafieux, les pots-de vin classiques et sordides, le politicien corrompu qui veut se faire construire une nouvelle villa.

Non.

Quelque chose de beaucoup plus gros.

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17 août 2007

Régulièrement ces trois dernières années

   Régulièrement ces trois dernières années de grosses gouttes tombaient irrégulièrement devant lui, formaient une flaque dans un endroit de la roche en creux. Aujourd'hui, il concevait difficilement que sa vie ait pu s'être déroulée ailleurs que dans cette prison. Combien d'heures infernales avait-il passées ici? Trois ans : combien de brouettes de souffrances, de solitude, cela faisait-il? Assez pour construire un empire. C'était ce qu'il voulait. Son absence, c'était lui-même qui se l'était imposée. Trop faible. Assurément il l'avait été. Il avait perdu un bras dans cette histoire. Le passé. Les autres clans. Mais à présent, il avait changé. Il n'était plus simplement un homme, non, il sétait changé en  démon! Aujourd'hui le jour de sa délivrance, enfin le moment de sortir de ce cloisonnement qu'il s'était imposé à lui-même. A bouffer des rats et des insectes dégueulasses, une chose était sûre, il était affamé. Il les dévorerait jusqu'au dernier.

Les yeux rougeoyants, sort d'une grotte un être monstrueux. Il tient dans sa main un sabre mais ne porte sur lui nul fourreau. Ses pas s'enfoncent lourdement dans le sol. Heavymotion est de retour!

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L'officier Kinegan en salle de réunion

   L'officier Kinegan en salle de réunion. Compte-rendu. Presque tous les officiers réunis. Le grand Chef:

«La violence ne cesse de monter ces derniers mois, il nous faut trouver une solution, si je vous ai réunis aujourd'hui c'est avant tout pour ça. Je vais pas y aller par quatre chemins. Plutôt que de vous envoyer vous faire massacrer en essayant inutilement d'exterminer les clans, je préconise une sorte de statut-quo avec certains d'entre eux afin de préserver la ville. ACE : le nom d'une armée mais nous ne sommes que la police. Qu'ils se battent pour le pouvoir, nous sommes là pour protéger les citoyens!

- Et vous croyez que c'est de cette manière que vous les protégerez ? Laissez-moi rire, c'est plutôt une excuse pour vous en mettre plein les poches.»

En deux minutes c'était déjà un tohu-bohu incroyable, Kinegan qui avait répondu, comme toujours, et comme toujours on l'avait envoyée chier, on menaçait de la virer.

«Je vous emmerde tous bande de gros cons : ah vous voulez que je dégage pour plus vous faire chier dans toutes vos sales histoires, pour que vous fassiez tranquillement vos magouilles, très bien je me casse. Mais ça veut pas dire qu'on aura la paix. Bande d'enfoirés.»

Elle avait claqué la porte pour ne pas leur laisser le temps de répondre. Presqu'immédiatement la porte s'était rouverte. C'était Léo, le visage tout souriant : « Tu sais que t'es belle quand tu te mets en colère, on va où ?».

Son téléphone s'était mis à sonner lui empêchant de dissuader Léo de la rejoindre. Elle avait juste dit quatre mots: « Oui, quand, très bien.».

«On va chez le maire. Je sais pas comment ce gros porc a fait pour déjà être au courant, mais s'il veut qu'on l'aide il va falloir qu'il se plie à mes exigences.»

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